Le Raisonnement et la Logique des choses – Les Conférences de Cambridge (1898) – Ch. S. Peirce, Christiane Chauviré, Pierre Thibaud

Quatrième de couverture

En dépit, ou à cause, de son extraordinaire productivité (près de 80 000 pages manuscrites), Peirce laisse une oeuvre le plus souvent fragmentée. Le Raisonnement et la Logique des choses est donc une exception : les huit conférences qui composent ce volume ont été prononcées à Harvard en 1898 ; elles constituent l’introduction la plus accessible, la plus complète et la plus systématique possible à la philosophie de Peirce. Il y développe : ses idées sur la nature de la philosophie (dont le tour anti practicaliste et antimatérialiste surprendra plus d’un lecteur habitué aux pragmatismes d’un James ou d’un Dewey) ; ses réflexions majeures en matière de logique formelle (fondateur, au même titre que Frege, de la logique moderne, par ses travaux sur la quantification et les relations, Peirce ouvre pourtant une autre voie à la logique, beaucoup plus « sémantique » et axée sur le rôle de l’intuition et de l’expérimentation par images – ou graphes – dans le raisonnement) ; et il marque son insistance, enfin, sur la nécessité de la métaphysique et d’une cosmologie évolutionnaire en accord avec les sciences et les mathématiques (à partir, notamment, d’un traitement particulier du continu, tel qu’il est aujourd’hui remis à l’honneur).Cette œuvre est précédée d’une longue introduction à la fois biographique et philosophique de K.…
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La société vue du don – Philippe CHANIAL

Le don fait-il encore société ? Ou, du moins, contribue-t-il encore à certains de ses ressorts essentiels ? Est-il toujours actuel ? En apparence, non. Les sociétés anciennes se sont pensées dans le langage du don mais nous, modernes, parlons un tout autre idiome, celui de l’intérêt notamment. Peut-être nous arrive-t-il encore, dans l’intimité et dans nos relations personnelles, de donner, mais il semble bien illusoire, et surtout bien naïf, de considérer que le don serait toujours au cœur de nos sociétés contemporaines et qu’il contribuerait encore à nourrir liens, échanges et identités sociales.…

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Anthropologie du don – Alain CAILLÉ 

Marcel Mauss, neveu et héritier spirituel de Durkheim, initiateur de l’ethnologie scientifique française, est universellement connu comme un des grands noms de la tradition anthropologique. Aucune discussion sur le don, qu’il s’agisse du don pratiqué dans les sociétés archaïques ou du don des modernes, ne peut ignorer son célèbre Essai sur le don. Mais, pour Alain Caillé et les auteurs regroupés autour de la Revue du MAUSS, si l’Essai est le texte le plus important de toute l’histoire des sciences sociales, c’est parce qu’il contient bien plus encore.…

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Ce qui circule entre nous : Donner, recevoir, rendre – Jacques-T Godbout 

La pensée dominante assure que ce qui circule entre les hommes se définit essentiellement par l’échange marchand. Or le lien social n’est pas seulement fait de calculs et d’intérêts réciproques. Fondateur de la pensée libérale, Adam Smith l’avait pressenti il y a deux siècles, et avançait le concept de sympathie, puissant ressort de l’action humaine que les neurosciences mettent aujourd’hui en évidence. Plus tard, c’est Marcel Mauss qui posera les bases théoriques d’une véritable pensée du don.
Sur le bénévolat, le don d’organes, certes; mais aussi sur la famille, l’art, la justice et même, pourquoi pas, la rationalité instrumentale; sur la théorie des jeux et l’analyse stratégique, que nous apprend aujourd’hui ce modèle du don ?…

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Se cultiver en complexité : La trialectique : un outil transdisciplinaire – Gérard Gigand

«Il y a des livres qui nous présentent des théories, ils sont assez fréquents. D’autres, plus rares, offrent à la fois une théorie et une méthodologie originale. Voici un livre rare : un livre outil !
Ce livre se situe dans un courant de recherche caractérisé par la complexité (Morin), l’éco-organisation systémique (Bateson), et la transdisciplinarité (Nicolescu). Cette évolution épistémologique critique peut être décrite comme l’émergence d’un nouveau paradigme transdisciplinaire caractérisé d’une part, par la prise en compte de la complexité du réel (Morin) et d’autre part, par l’implication du sujet dans toute construction cognitive (Maturana & Varela).…

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Théorie de l’agir communicationnel, tome 1 : Rationnalité de l’action et rationnalisation de la société: – Jürgen Habermas

Depuis la première génération des élèves de Hegel, la philosophie tente d’aborder le medium de la pensée postmétaphysique. Sous ces prémisses, la Théorie de l’agir communicationnel tente de poursuivre l’élaboration de quatre thèmes de la pensée postmétaphysique. Par les concepts complémentaires de monde vécu et d’agir communicationnel, j’entends donner tout son sérieux à cette mise en situation de la raison qui, de Dilthey à Sartre et Merleau-Ponty en passant par Heidegger, ne fut accomplie que dans la dépendance à l’égard de la philosophie de la conscience.…

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LE PROCESSUS INTERPRETATIF – Nicole Everaert-Desmedt

Ch.S. Peirce (1839-1914) a élaboré une théorie de la signification qui rend compte de bien des phénomènes culturels. Sa pensée est souvent fort complexe. Cet ouvrage s’applique à en faciliter l’accès. L’auteur situe avant tout Ch.S. Peirce par rapport à divers courants de recherches sémiotiques : la réflexion de Peirce se caractérise par son triadisme, qui s’oppose au binarisme de F. de Saussure et de G. Frege, et par sa conception fondamentalement pragmatique de la signification. Le livre montre ensuite comment la sémiotique de Peirce est ancrée dans sa philosophie, avant de développer systématiquement le modèle du processus interprétatif.…

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Écrits sur le signe – Charles S. Peirce, Gérard Deledalle 

Toute logique, toute linguistique suppose une théorie du signe, mais celle-ci demeure le plus souvent implicite. L’originalité de Peirce est de s’être très tôt interrogé sur les opérations constitutives de la signification et d’avoir tenté une minutieuse enquête sur. leur fonctionnement. D’où des pages quelquefois étonnantes, car sa sémiologie laisse délibérément de côté toutes les connotations psychologiques, historiques, etc., où vient s’enchaîner la théorie européenne ; ici il ne s’agit que d’un démontage logique, lié à une théorie de la communication.…

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